Vibe coding : comment nous avons créé SmartSkills avec l’IA

Il y a quelques mois, SmartView avait un problème assez simple : nous avions des skills IA un peu partout.

Certains étaient dans des dossiers, d’autres dans des mails, et quelques-uns… dans la tête de chacun. Nous les utilisions régulièrement avec nos clients, souvent pour les mêmes cas d’usage. Mais avec le temps, une question revenait : quelle est la bonne version ?

Nous avons donc commencé par créer une petite bibliothèque en interne. Rien de très sophistiqué, mais suffisamment pratique pour centraliser nos skills et les réutiliser plus facilement.

Et nous avons rapidement réalisé quelque chose : ces skills n’étaient pas de simples bouts de texte. Ce sont des actifs numériques. On les construit une fois, puis on peut les réutiliser des dizaines ou des centaines de fois.

Alors, pourquoi les garder pour nous ?

C’est comme ça qu’est née SmartSkills, une bibliothèque gratuite de skills IA que nous avons construite avec le vibe coding.

Et l’expérience nous a appris bien plus que la manière de construire un site avec une IA.

Le vibe coding, c’est quoi exactement ?

Le principe du vibe coding est assez simple : au lieu d’écrire soi-même chaque ligne de code, on décrit en langage naturel ce que l’on veut construire et l’IA se charge du développement.

On regarde le résultat, on explique ce qui ne va pas, on demande une modification et on recommence.

Pas besoin de commencer par un cahier des charges de 40 pages. On avance par conversation, avec un prototype qui prend forme au fur et à mesure.

Le terme a été popularisé début 2025 par Andrej Karpathy. L’idée est de piloter le développement à partir de l’intention plutôt que de devoir tout traduire soi-même en code.

Pour SmartSkills, nous avons utilisé cette approche de bout en bout.

De l’idée à une plateforme en ligne

Le projet s’est construit beaucoup plus rapidement que nous ne l’aurions imaginé.

ÉtapeOutilDuréeCe qui s’est passé
InterfaceClaude DesignEnviron 5 minutesUne première interface crédible, sans attendre un designer
DéveloppementClaude Code1 semaineUne plateforme publiée avec les principales fonctionnalités
EnrichissementAgents en parallèleUn peu plus d’une semaineNouvelles ressources, vidéos, SEO, pages et images créées en parallèle

Pour commencer, j’ai conçu l’interface avec Claude Design.

Environ cinq minutes ont suffi pour obtenir quelque chose de crédible à l’écran.

Quand on a l’habitude de passer par des maquettes, des allers-retours et plusieurs jours d’attente avant même de voir une première version, le changement est assez radical.

Le but n’était pas d’obtenir immédiatement le design parfait. Il fallait surtout avoir quelque chose de concret sur lequel travailler.

Une semaine pour publier la plateforme

Pour la partie technique, j’ai utilisé Claude Code, avec une répartition assez simple entre deux modèles.

Fable 5.1 servait à orchestrer : réfléchir à l’architecture, découper le travail et déterminer les différentes étapes.

Sonnet 5 était ensuite utilisé pour appliquer ces décisions, écrire le code et effectuer les modifications.

En une semaine, nous avons pu publier une vraie plateforme : plusieurs pages, téléchargement des ressources, envoi d’un mail de confirmation et les principales fonctionnalités nécessaires pour commencer à l’utiliser.

À ce stade, le plus intéressant restait à venir.

Une fois le site en ligne, les vrais problèmes apparaissent

Une plateforme peut fonctionner sans être vraiment aboutie.

Nous avons rapidement rencontré deux sujets.

D’abord, la performance. Certaines pages chargeaient trop lentement. Or, un site lent est rarement un site que l’on a envie de garder ouvert.

Ensuite, le référencement naturel (SEO).

Pour une bibliothèque de ressources qui doit être trouvée sur Google, chaque page compte. Il ne suffit pas qu’elle existe : elle doit aussi être correctement structurée et optimisée.

Et c’est là que nous avons retrouvé une limite importante du développement avec l’IA :

l’IA fait très bien ce qu’on lui demande. Mais elle ne sait pas forcément ce qu’on a oublié de lui demander.

Performance, SEO, accessibilité, sécurité… ces sujets doivent être pensés et formulés explicitement.

Notre rôle n’était donc pas simplement de demander à l’IA de construire SmartSkills. Il fallait aussi savoir quoi lui demander.

Le déclic : faire une fois, puis reproduire

Nous avons ensuite voulu aller beaucoup plus loin : ajouter des ressources, intégrer des vidéos, optimiser les pages pour le SEO et créer les images d’aperçu.

Et c’est là que les agents sont devenus vraiment intéressants.

Le principe est finalement assez simple : on fait correctement une fois, on formalise le processus, puis on le réplique et on supervise.

Prenons les images d’aperçu.

Plutôt que d’en créer une centaine manuellement, nous avons d’abord travaillé correctement sur une première. Puis nous avons défini les différentes étapes et les règles à respecter.

Une fois le processus clair, nous avons pu lancer plusieurs agents en parallèle pour reproduire le même travail sur les autres ressources.

Même logique pour les pages.

Une page correctement construite peut servir de modèle pour les suivantes. Une fois le processus défini, les agents peuvent travailler sur plusieurs pages en même temps.

Nous gardons évidemment la supervision : il faut vérifier les résultats, corriger ce qui doit l’être et améliorer le processus si nécessaire.

Mais on ne repart plus de zéro à chaque fois.

C’est finalement ça, l’intérêt des agents : répéter un processus bien défini sur plusieurs tâches en parallèle.

Le vrai travail n’est pas de donner un prompt

On parle beaucoup de « bien prompter ». Mais dans cette expérience, le sujet était surtout ailleurs.

Le vrai travail consiste à décortiquer ce que l’on veut faire.

Si une tâche comporte dix étapes, il faut comprendre ces dix étapes. Il faut savoir ce qui doit être fait, dans quel ordre, avec quelles contraintes et à quoi doit ressembler le résultat final.

Une fois que le processus est clair, l’IA peut beaucoup plus facilement le reproduire.

C’est ce qui nous a permis de passer de quelques tâches manuelles à une production beaucoup plus importante, avec des ressources, des pages et des images créées en parallèle.

Le travail humain ne disparaît pas. Il change de place : moins de répétition, davantage de conception, de contrôle et de supervision.

Ce que cette expérience nous a appris

1. Le développement va beaucoup plus vite

En une semaine, nous sommes passés de l’idée à une plateforme publiée avec les principales fonctionnalités.

Puis nous avons pu continuer à l’enrichir sans devoir tout faire manuellement.

2. Le prototype devient la spécification

Plutôt que de décrire pendant des semaines ce que devrait être un produit, on peut rapidement montrer quelque chose.

Et c’est beaucoup plus facile de réagir devant un prototype que devant un document.

3. Le rôle change

Je ne passe pas mes journées à écrire du code.

Mon rôle consiste davantage à décider quoi construire, comment le découper, quoi automatiser et où placer les limites.

Et surtout à regarder le résultat et à savoir dire : « Non, pas comme ça. »

4. L’automatisation commence par la compréhension

Avant de demander à dix agents de faire quelque chose, il faut savoir comment le faire correctement une première fois.

C’est cette étape qui permet ensuite de reproduire le processus rapidement et de manière cohérente.

SmartSkills aujourd’hui

Aujourd’hui, SmartSkills est disponible gratuitement.

La plateforme compte déjà 100 ressources et plus de 50 inscrits, alors que nous n’avons même pas encore organisé notre webinaire de présentation.

Chaque skill est un petit mode d’emploi que vous pouvez donner à votre IA pour qu’elle travaille comme un expert sur une tâche précise.

Vous pouvez les utiliser tels quels ou vous en inspirer pour créer vos propres skills. C’est d’ailleurs une approche que nous enseignons également dans nos formations IA.

À l’origine, SmartSkills était simplement un outil interne. En deux semaines, il est devenu une plateforme ouverte à tous.


Psst… On présente SmartSkills en live le mardi 3 novembre, de 12h à 13h. Inscription gratuite ici.


Et c’est peut-être ça, au fond, que le vibe coding change le plus : la distance entre une idée et un produit utilisable devient beaucoup plus courte.

Alors, quels petits outils internes dorment encore chez vous et pourraient devenir de véritables actifs numériques ?

Rémy RAJA

Rémy RAJA

Expert IA

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