Mesurer l’agilité : qu’est-ce que cela signifie ?

offre-agile-coaching-formation-smartview

Paul est embêté

Paul* est un directeur de projet dans une société qui produit des logiciels, Scholesoft*. Depuis peu, Scholesoft essaie de changer de mode de fonctionnement. Ils ont suivi des formations autour des pratiques et approches agiles, et appliquent un certain nombre de choses dans leur quotidien.

L’objectif, pour Scholesoft, est d’arriver à délivrer plus régulièrement de nouvelles fonctionnalités, produire des logiciels de qualité, et trouver le bon équilibre entre la satisfaction des utilisateurs et un rythme de travail soutenable pour tout le monde.

Avant de passer à un mode de fonctionnement agile, Paul avait des tableaux de bord avec des indicateurs qu’il suivait : nombre de jours hommes consommés, suivi du budget, respect pour chaque fonctionnalité de l’estimation réalisée en amont, nombre d’anomalies par statut et criticité… Cela lui permettait d’avoir une certaine vision sur ses projets et de prendre des décisions en fonction de ces indicateurs.

Les tableaux de bord pour mesurer l'agilité ?
Voilà une vue à faire frissonner de plaisir tout directeur de projet.
Image de Wiko Bausoftware GmbH sous licence CC-BY-SA 4.0

Mais Paul est embêté.

Lors du dernier comité de pilotage, Alex*, le grand patron, a indiqué qu’il faudrait faire évoluer la batterie d’indicateurs suivie au niveau de chaque projet pour y intégrer des “indicateurs d’agilité”. Pour Paul, l’agilité, c’est encore nouveau. Franchement, y a-t-il vraiment besoin de faire évoluer les indicateurs actuels, qui remontent des informations intéressantes ? Quels indicateurs suivre ? Mais avant toute chose, ça veut dire quoi, des “indicateurs d’agilité” ?

Mesurer l’agilité nécessite de savoir ce qu’est l’agilité

Pour mesurer l’agilité, il serait déjà intéressant de s’intéresser à la définition de l’agilité. C’est la moindre des choses pour savoir ce qu’on va mesurer. Et sur ce premier point, tout le monde n’est déjà pas d’accord. Pour certains, l’agilité, ce sont des méthodes de travail. Pour d’autres, c’est une philosophie. Mais comment mesurer des méthodes de travail ? Comment mesurer une philosophie ?

Vous avez peut-être déjà entendu parler du Manifeste pour le développement agile de logiciels, qui pose les bases de la philosophie agile, avec quatre valeurs fondamentales et douze principes qui le sont tout autant. Cet écrit, rédigé par dix-sept signataires en 2001, fait office de pierre angulaire pour le mouvement agile. Cependant, il reste très théorique : par exemple, nous valorisons les individus et les interactions plus que les processus et les outils.

Lorsque je dispense des formations, la première étape est d’essayer de faire comprendre aux apprenants ce qu’est l’agilité, et pourquoi être agile est important. Être agile, car ce qui compte, c’est bien le résultat final : a-t-on réussi à délivrer plus régulièrement ? Plus souvent ? Un livrable de meilleure qualité ?

Peut-on mesurer l'agilité ? Et comment ?
Lui ne fait pas d’Agile, mais il est agile. Ou allez lui dire le contraire.
Image de StockSnap sur Pixabay

C’est ce genre de choses qui définiront si l’initiative agile que nous avons essayé de lancer a réellement porté ses fruits. Ce n’est pas tant ce qu’on a mis en place pour y arriver : du Scrum ? Du Kanban ? Des pratiques Extreme Programming ?

Être agile, une caractéristique ?

Être agile, finalement, on peut le voir comme une caractéristique d’une organisation, d’une équipe, d’un système, d’un individu. Il y a peu, alors que j’accompagnais une entreprise montpelliéraine, j’essayais de le définir de cette façon :

Une caractéristique propre à un individu, une équipe ou une organisation, qui est capable de s’adapter aux changements de son environnement, via :

  • La livraison la plus régulière et fréquente possible de valeur, en fonction des attentes évolutives de ses utilisateurs et de son écosystème ;
  • Un état d’esprit exemplaire favorisant la collaboration, l’autonomie et l’auto-organisation ;
  • La recherche constante de la qualité et de l’amélioration dans ses activités et ses interactions.

Vous me direz que cette définition n’est sans doute pas parfaite. Mais il n’y a pas UNE définition parfaite de l’agilité. Cette définition ne me paraît en tout cas pas décorrélée des valeurs et principes du mouvement agile.

Une caractéristique, donc ? Comme être grand ou petit, être aimable ou désagréable, être brun ou roux ? Cela peut s’entendre. Et comme pour celles-ci, il faut bien comprendre que l’agilité n’est pas un “flag” à deux états (agile / pas agile).

Boolean isAgile = true;

J’entends parfois des personnes, des équipes, des organisations dire qu’elles sont “full Agile” : qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Qui peut se targuer, aujourd’hui, d’être arrivé au niveau maximum de l’agilité ? Qui sait, d’ailleurs, ce qu’est le niveau maximum de l’agilité ? Est-ce que cela veut au moins dire quelque chose ?

Qu'est-ce que signifie être "full agile" ?
Paul attend avec impatience de pouvoir poster sur LinkedIn qu’il est “full agile”.

La démarche vers plus d’agilité est une démarche progressive. Le point de départ est notre état actuel. Le point d’arrivée est… à définir. Comme lorsqu’on prépare un marathon : il y a celles et ceux qui ambitionneront de le courir en deux heures, d’autres en quatre heures, d’autres voudront juste le terminer.

Pour cela, il faut comprendre ce qu’est l’agilité : nous en avons parlé. Puis, pour chacun des axes que nous avons évoqués (livraison de valeur, recherche de la qualité…), nous pouvons essayer de réaliser des mesures de façon indépendante et en tirer des enseignements. Cela pourrait être une façon de “mesurer l’agilité”.

Quelle est notre fréquence de livraison ? Notre taux de retours sur livraisons ? Notre score de satisfaction utilisateur ? C’est le point de départ. Qu’est-ce qui nous paraîtrait un résultat acceptable sur chacun de ces indicateurs ? Cela peut être le point d’arrivée.

Nos indicateurs nous apportent alors ce qu’ils sont censés nous apporter : une compréhension de l’actuel, qui nous permet de prendre des décisions pour l’avenir.

Mesurer l’agilité : la suite au prochain épisode

Mesurer l’agilité, est-ce une bonne idée, ou est-ce antinomique avec les valeurs et principes agiles ? Dans quels pièges ne pas tomber ? Quels indicateurs mesurer ? Restez connectés pour être mis au courant des prochains articles sur le sujet.

*Paul, Alex et Scholesoft sont purement fictifs.

Pixel4Scrum : les nouveautés de juillet pour le Lego4Scrum 100% numérique

pixel4scrum-lego4scrum-numérique-1
pixel4scrum-lego4scrum numérique

Le Pixel4Scrum, c’est une version complètement numérique du Lego4Scrum, un jeu permettant de découvrir Scrum en quelques heures dans un atelier ludique (serious game). Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de lire cet article de notre blog, publié en début d’année.

Une nouvelle version du Pixel4Scrum a été partagée cet été, avec quelques adaptations que voici. Vous pouvez toujours retrouver le plateau de jeu et les instructions dans le répertoire Google Drive que voici.

Trouver Pixel4Scrum

Le plateau de jeu disponible en version allégée + au format Mural

Le plateau de jeu du Pixel4Scrum devient disponible en deux versions :

  • la version complète (originale) ;
  • une nouvelle version allégée, qui ne contient plus que les zones de construction (environnements de développement et ville).
Plateau de jeu Pixel4Scrum

Pourquoi une version allégée ?

Certaines des actions à réaliser dans le plateau de jeu ne sont pas très pratiques dans l’outil Google Sheets. Je pense notamment à la planification ou à la mise à jour régulière du management visuel. Il fallait couper-coller bien précisément certaines cases dans certains onglets, les déplacer au bon endroit dans un autre onglet, etc.

De plus, avec le retour au présentiel, certaines équipes pourraient être tentées de réaliser la construction en pixels, mais le reste (backlog, planification, management visuel, rétrospective) en dehors de l’outil (par exemple, sur des tableaux physiques).

Vous avez donc maintenant trois choix :

  • utiliser la version complète du plateau de jeu Pixel4Scrum pour continuer à tout centraliser dans un même outil ;
  • choisir la version allégée du plateau de jeu Pixel4Scrum et réaliser un certain nombre d’actions sur des tableaux physiques ;
  • jouer avec la version allégée du plateau de jeu Pixel4Scrum et réaliser un certain nombre d’actions sur des tableaux blancs collaboratifs numériques (ex : Klaxoon, Miro, Mural…).

Pour les personnes qui feront le troisième choix, vous pouvez utiliser l’outil de votre choix bien entendu, cela vous regarde. Sachez en revanche que pour les utilisateurs de Mural, vous avez un template Mural disponible ici que vous pouvez dupliquer dans votre espace et utiliser très rapidement.

Utiliser et jouer à Pixel4Scrum

Les autres modifications apportées à Pixel4Scrum

Vous pouvez retrouver les autres améliorations apportées au jeu dans le document PDF disponible ici, dans les notes de version tout à la fin du document.

Très rapidement :

  • les revues de sprint sont désormais présentées à une (ou plusieurs) parties prenantes, pour essayer de ne pas créer de confusion dans l’esprit des participants qui avaient l’habitude de présenter à Mme/M. le Maire leurs réalisations en fin de sprint ;
  • les équipes ne sont plus tenues de construire chacune dans sa zone de construction (colonne). Elles peuvent construire à l’endroit qui leur paraît le plus adéquat, ce qui augmente leur créativité ;
  • le document de règles a été légèrement raccourci pour aller plus à l’essentiel. La version courte (supposée tenir en 1 h 30 environ) est désormais présentée dans les variantes pour ne pas alourdir le document de base.

Contactez-nous !

Chez SmartView, nous animons ce jeu dans certaines sessions de formation ou dans des séminaires sur mesure. Et c’est toujours un bon moment partagé entre les joueurs et nous !

Et le jeu reste à disposition de toutes les personnes qui souhaitent l’utiliser ou le modifier, même dans le cadre d’une utilisation commerciale (équivalent licence Creative Commons CC BY 4.0). Il est très probable qu’il évolue dans le futur, en fonction des feedbacks que nous recevrons et que nous vous invitons, dans le même esprit, à partager avec le plus grand nombre.

Nous espérons vous voir très bientôt pour partager ce moment avec vous !

Pixel4Scrum, un Lego4Scrum sans Lego et 100% numérique

pixel-for-scrum-SmartView-adapté-de-Lego4Scrum
pixel-for-scrum-SmartView-adapté-de-Lego4Scrum

La crise sanitaire mondiale a changé nos habitudes. Nous avions l’habitude de nous retrouver tous ensemble, nous devons désormais garder nos distances. Nous autres, formateurs, avions l’habitude de rencontrer “de visu” les personnes que nous formions, de pouvoir partager avec elles des moments interactifs, des ateliers et des jeux comme Lego4Scrum. Il a fallu nous adapter afin que cela reste d’actualité.

Un jeu plutôt connu dans le monde de l’agilité est le Lego4Scrum. Vous trouverez de nombreuses explications à ce sujet sur le site dédié à cet atelier. L’objectif : construire une ville en Lego selon une approche empirique, itérative, en l’occurrence selon les règles du framework Scrum. Et donc, généralement, découvrir ce qu’est Scrum et quel en est le fonctionnement. Le tout, en passant un bon moment, car c’est amusant !

Il peut se jouer avec une ou plusieurs équipes et jusqu’à plusieurs dizaines de personnes. Orientées vers un objectif commun (les équipes collaborent, elles ne se concurrencent pas), et au fur à mesure que les équipes construisent, elles utilisent les feedbacks de la personne qui a exprimé ses besoins pour s’adapter.

Comment jouer au Lego4Scrum sans Lego…

… et sans contact humain ? C’est la question qui s’est posée dès le début du premier confinement. Nous avons donc fait le choix de rendre le plateau de jeu numérique. Le concept de construction de ville en équipes selon une approche Scrum reste d’actualité : ce sont les outils qui changent.

Le Pixel4Scrum part de cette intention. Il permet de découvrir, en deux à trois heures, le mode de fonctionnement Scrum dans un exercice pratique grandeur nature. Le tout, en utilisant une zone de travail partagée (Google Sheets en l’occurrence, avec les petites cases qui font office de pixels à colorier) plutôt que des feuilles de paperboard et des Lego.

Il n’y a pas d’autre outil à utiliser pour une partie. Vous n’avez pas de compte à créer sur une quelconque plateforme, pas besoin de jongler entre différents outils. Presque tout le monde dans les publics que j’ai vus participer à ce jeu avait déjà utilisé Excel, pour faire tout et son contraire (mon collègue Damien vous en parlera mieux que moi ici). On essaie de faire en sorte que la prise en main soit aussi rapide que possible, pour se concentrer sur l’essentiel : comprendre une démarche empirique, en l’occurrence Scrum.

J’ai envie d’animer un Pixel4Scrum, comment ça se passe ?

Le plateau de jeu et les instructions détaillées pour animer une partie sont disponibles sur un répertoire Google Drive en lecture seule (pour éviter les modifications involontaires). Vous pouvez dupliquer cela dans un répertoire Google Drive de votre choix et le modifier à votre guise.

Le jeu est mis à disposition de toutes les personnes qui souhaitent l’utiliser ou le modifier, même dans le cadre d’une utilisation commerciale (équivalent licence Creative Commons CC BY 4.0). Il est très probable qu’il évolue dans le futur, en fonction des feedbacks que nous recevrons et que nous vous invitons, dans le même esprit, à partager avec le plus grand nombre.

Si vous souhaitez animer une partie, je vous conseille de lire le document complet qui explique les rôles, ce qui est attendu de chaque participant.e, les leçons à retirer de l’exercice… avant de vous lancer.

Vous trouverez aussi à cet emplacement, sur le blog de l’association Agile Montpellier, l’enregistrement d’un Meetup dans lequel nous avons joué à ce jeu (environ une vingtaine de personnes).

Si vous souhaitez participer en tant que joueur.se pour découvrir Scrum, c’est un jeu qui devient vraiment intéressant à partir de 4 joueurs (hors animateur), donc je vous conseille de former un groupe pour commencer, et éventuellement de nous contacter si vous souhaitez animer ce jeu dans votre contexte. Essayez, dans ce cas, de ne pas lire le document que je mentionne ci-dessus, afin de garder un minimum d’effet de surprise le jour J !

Contactez-nous !

Chez SmartView, nous animons ce jeu dans les sessions de formation “Agilité, comprendre la démarche” (sur trois jours) qui correspondent au premier niveau d’acculturation à ce qu’est l’agilité et aux différentes façons de fonctionner dans l’objectif de devenir plus agiles. Et c’est toujours un bon moment partagé entre les joueurs et nous !

Comme précisé au-dessus, nous pouvons également l’animer dans des sessions dédiées (ex : séminaires d’entreprise).

Nous espérons vous voir très bientôt pour partager ce moment avec vous !

Mettre en avant les valeurs de l’agilité

c'est quoi l'agilité ?

J’aimerais croire à un futur dans lequel les personnes vont plus s’attarder sur les valeurs, sur l’état d’esprit qui est nécessaire pour aller vers l’agilité plutôt que sur quelque chose de très froid et presque politisé.

Elie Théocari

C’est quoi l’agilité ?

c'est quoi l'agilité ?

C’est un sujet très vaste. L’agilité, c’est la capacité à s’ajuster, à changer, à pouvoir répondre aux changements de la société en général et également aux attentes des personnes pour lesquelles on construit les produits. Dans le cadre du développement logiciel, l’agilité c’est d’abord un mouvement qui met l’accent sur cela. Ce mouvement incite à construire un produit avec des livraisons régulières et de la valeur. Il est important de livrer un maximum de valeur et de qualité à nos utilisateurs. Il est tout aussi important de les mettre au centre de ce qu’on construit. Et de le faire avec des individus qui sont passionnés, motivés, et contents de faire ce qu’ils font. Donc l’agilité c’est d’abord un mouvement, un état d’esprit. Cela a ensuite été décliné en un certain nombre de principes et de méthodes.

Si vous ne savez pas ce qu’est l’agilité, c’est d’abord les individus et les interactions plus que les processus et les outils. C’est l’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan. C’est la collaboration avec les clients plus que la négociation contractuelle. Et enfin, c’est un logiciel opérationnel plus qu’une documentation exhaustive. C’est ce qu’on appelle le manifeste agile, les 4 valeurs de l’agilité, qui animent aujourd’hui ce qu’on retrouve derrière l’agilité. 

Aujourd’hui il y a déjà des personnes, des organisations qui sont moins agiles mais qui tendent à l’être de plus en plus. Il y en d’autres qui le sont également mais qui n’avaient pas forcément mis un mot derrière ça.

Existe-t-il plusieurs agilités ?

En termes de valeurs et d’état d’esprit, je ne pense pas. Je pense qu’il y un certain nombre de concepts forts derrière l’agilité. C’est également le respect des personnes, que ce soit les utilisateurs ou les personnes qui construisent le produit. On parle également du fait de construire quelque chose de façon itérative, incrémentale sur une base régulière. Cet état d’esprit, il faut qu’il soit présent.

Ce n’est pas uniquement le fait d’avoir des sprints ou d’accrocher des post-its sur un mur qui va nous l’apporter. Aujourd’hui, on entend beaucoup parler d’agilité. On a l’impression que c’est un peu une mode, presqu’un argument politique, de dire : « nous, on est agiles, donc on est meilleurs ». Comme aujourd’hui il y a beaucoup d’entreprises qui disent, « nous on cherche un DevOps ». Ce sont en fait des termes qui sont beaucoup plus larges que ce pourquoi ils sont utilisés à ce jour. 

Le projet SmartView, mesure de l’agilité ?

projet smartview-mesurer la transformation agile dans l'entreprise

De plus en plus d’entreprises souhaitent un accompagnement autour de l’agilité. Le projet de mesure de transformation agile intervient dans ce contexte. Et l’agilité, ce n’est pas juste les pratiques mais également l’état d’esprit qu’il y a derrière. Nous intervenons auprès de ces entreprises pour les aider et les sensibiliser. On leur explique en quoi ça consiste et quels vont être les impacts sur leur mode de fonctionnement. Cela avant même de commencer à dire « on va mettre en place du Scrum ou du Kanban ». On n’est pas dans la prescription. On est là uniquement pour faire en sorte qu’elles fassent les meilleurs choix possibles.

Ainsi, une démarche de transformation agile, c’est une démarche de conduite du changement comme une autre. Je suis persuadé qu’il faut savoir se positionner, savoir où on est et vers quoi on ambitionne d’aller. Savoir où on est, c’est comme lorsqu’on utilise un GPS. Il va nous dire « vous êtes à cet endroit » sur la carte. Et savoir concrètement où on se trouve par rapport à notre ambition, c’est également un des enjeux de ce projet de mesure de la transformation agile.

Nous ne sommes pas en train de parler de mesurer par rapport à un concurrent ou à une entreprise. Ni par rapport à un état de l’art qui paraît assez indéfinissable. On est vraiment en train de mesurer ce qu’on est capable de faire aujourd’hui. Qu’est-ce qu’on est capable d’accomplir par rapport à certains indicateurs ? Par rapport à là où on veut aller ? C’est ça, le projet de mesure de transformation agile.

Le futur de l’agilité ?

Le futur de l’agilité aujourd’hui ? J’aimerais croire à un futur où les personnes vont plus s’attarder sur les valeurs, sur l’état d’esprit qui est nécessaire pour aller vers ce type d’approche plutôt que sur quelque chose de très froid et presque politisé. Ce n’est pas « on est agile parce que le fait d’être agile, ça va nous permettre d’attirer des investisseurs, ou parce que ça va nous permettre d’attirer des candidats ». Ça ne doit pas non plus permettre à un patron de division de montrer qu’il a le dessus sur les autres.

On est agile parce qu’aujourd’hui on cherche à construire une société qui est plus tournée vers l’humain, qui est plus tournée vers les autres. Que ce soit les personnes qui consomment nos produits ou que ce soit les personnes qui construisent les produits elles-mêmes.

Un conseil pour les investisseurs ?

Si je devais donner un conseil à un investisseur qui cherche à investir dans des entreprises agiles ? C’est déjà de bien se documenter sur ce qu’est l’agilité. À quoi le voit-on ? L’agilité, c’est un état d’esprit, des valeurs, des principes avant tout. Donc l’objectif est d’investir dans les entreprises qui ont vraiment cela dans leur ADN. Ce n’est pas le fait d’avoir mis en place des sprints, d’avoir un Scrum Master, etc. C’est le fait de se dire « je fais confiance à cette entreprise qui démontre des valeurs qui sont alignées avec ce que je recherche pour la société de demain ». 

Des pièges à éviter ?

équipe agile smartview

S’il y a des pièges à éviter dans le cadre de ce projet, c’est de faire porter le discours uniquement autour de l’indicateur en lui-même. Il y a des choses qu’on pourra mesurer pour permettre à une équipe, à une organisation de savoir où elle en est et vers quoi elle veut aller. On peut parler par exemple du lead time. C’est le délai entre le moment où une demande est émise et le moment où elle est mise à disposition des utilisateurs. Ce sont des choses qu’on peut très facilement compiler via la base de données qu’on va ressortir d’un outil comme Jira par exemple.

Par contre, il y d’autres indicateurs qui me paraissent également très importants. Parmi ceux-là, il y a la satisfaction des utilisateurs et la satisfaction des équipes qui construisent le produit. Un autre point qui me paraît important, c’est qu’il ne faut pas que cela devienne un outil de reporting pour les managers ou pour les dirigeants. Il faut que cela soit vraiment une démarche que l’équipe s’approprie. L’équipe souhaite progresser, souhaite être dans une démarche d’amélioration continue. On n’est pas en train de se dire qu’il y a un manager qui va venir regarder des résultats et dire à l’équipe : « Ça, ce n’est pas bien, vous avez une mauvaise note », etc.

Le but n’est pas de mettre une note à des gens, à des équipes. Le but, c’est vraiment que l’équipe puisse se dire : « d’accord, là on a telle information, on sait qu’on a besoin à chaque fois de 6 mois pour mettre une fonctionnalité en production ». Cela me paraît-il bien ? Veut-on s’améliorer ? Est-ce qu’on peut s’améliorer ? Et c’est sur cette base-là que SmartView sera là pour vous accompagner. 

Interview de notre coach agile, Elie Théocari, réalisée en octobre 2020.

Mesurer la transformation agile dans l’entreprise

mesurer la transformation agile dans l'entreprise

SmartView lance un projet pour mesurer la transformation agile dans l’entreprise. L’objectif est de tirer le meilleur des hommes, des méthodes et des outils. Côté outils, l’équipe SmartView s’est concentrée sur leurs cœurs de métier : Agile, Atlassian, Microsoft et Business Intelligence.

Les trois associés de SmartView, Christophe Monnier, Stéphane Génin et Yassine Zakaria, nous parlent de leur vision concernant la transformation de l’entreprise.

Nous avons retranscrit ici plusieurs passages. Retrouvez le lien vers l’intégrale de l’interview (12 minutes) à la fin de l’article.

mesurer la transformation agile dans l'entreprise
Yassine Zakaria, Christophe Monnier et Stéphane Génin – associés SmartView

Mesurer l’agilité dans l’entreprise, qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est avant tout s’intéresser au fonctionnement de l’entreprise, et surtout aux femmes et aux hommes qui la font vivre. C’est se poser la question de la capacité de l’entreprise à changer de cap, à réagir, à s’adapter à un nouveau marché ou à une nouvelle concurrence. Enfin, c’est être capable de s’adapter en temps réel à un nouveau contexte.

L’outil et l’agilité

Beaucoup d’entreprises pensent que c’est l’outil qui va leur permettre de devenir agile. Chez SmartView, nous pensons que le plus important dans une entreprise, ce sont les femmes et les hommes qui la composent. Ensuite viennent les méthodes et en dernier, les outils. L’outil permet ainsi de donner des informations qui seront une base d’échange et donc d’amélioration pour les équipes. Cela permet également de mesurer cette amélioration et donc de voir si les équipes sont dans la bonne direction.

Sur le terrain, beaucoup de gens se disent aujourd’hui agiles. Pourtant, quand on creuse, on se rend compte que ce n’est pas toujours le cas. Il faut faire attention aussi au terme « outil ». L’outil, et la mesure qu’il permet, n’est pas là pour sanctionner une équipe. L’outil ou les outils doivent être utilisés avant tout pour préconiser un certain nombre d’axes d’amélioration pour l’équipe et l’entreprise. Quel est donc le but de mesurer l’agilité ? Tout simplement de développer de très bons produits de qualité.

Mesurer la transformation agile – un projet qui nous tient à cœur

Ce projet de « mesurer l’agilité » est une réflexion menée depuis quelques temps par SmartView. L’objectif est de mettre en synergie les expertises, compétences, méthodes et outils avec lesquels nous travaillons. Le but n’est pas de sortir un outil qui donne uniquement des indicateurs. Un outil mal utilisé, cela pourrait se traduire par des résultats qui ne montrent pas la réalité de ce qu’il se passe dans l’entreprise.

L’idée que nous nous faisons d’un « outil », c’est qu’il puisse nous donner une sorte de graduation sur un certain nombre d’aspects de l’agilité, et surtout sur la production de la valeur de l’entreprise. Ainsi, à l’aide de diagnostics et d’entretiens, il nous sera possible de préconiser un certain nombre d’axes d’amélioration sur différents points : l’équipe, le management, les métiers, la priorisation des sujets, la rapidité des livraison, etc. Ces axes doivent permettre à l’équipe agile de les mettre en pratique sur le terrain pour pouvoir optimiser petit à petit leurs produits et leur activité.

Ce qu’en disent nos associés…

« Ce projet, qui s’articule sur le fond sur les valeurs fortes de SmartView (Fierté, Initiative, Honnêteté et Solidarité), c’est avant tout une aventure qu’on a envie de partager avec nos clients et nos équipes. » Stéphane Génin

« Ce travail autour de l’agilité nous permet de réunir toutes nos forces et toutes nos compétences et cela nous conforte dans la mission et les objectifs en commun que nous avons chez SmartView. » Christophe Monnier

« Sincèrement, c’est un projet qui remporte l’adhésion de nos équipes. Chacun montre de l’enthousiasme, que ce soit dans les équipes Atlassian, Microsoft, BI et, bien entendu, agile. Tout le monde est motivé par ce projet ! » Yassine Zakaria

Interview réalisée durant l’été 2020 dans les locaux de SmartView à Montpellier.